le ptit forum des gens sympas

un ptit forum ou (j'espere pas trop de coup de gueule) ou le flood la discute serieux pourrons s'associcier parfaitement
 
AccueilFAQRechercherS'enregistrerMembresGroupesConnexion

Partagez | 
 

 silver-world

Aller en bas 
Aller à la page : Précédent  1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8
AuteurMessage
Belgarel
celui qui flooda plus vite que son ombre
avatar

Nombre de messages : 4554
Age : 26
Localisation : En avion, probablement
Date d'inscription : 11/08/2005

MessageSujet: Re: silver-world   Jeu 20 Juil à 5:15

Quant a moi, j'ai pas joue depuis un ptit bout de temps...trop occuppe a terminer FF X...
lvl 107
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Belgarel
celui qui flooda plus vite que son ombre
avatar

Nombre de messages : 4554
Age : 26
Localisation : En avion, probablement
Date d'inscription : 11/08/2005

MessageSujet: Re: silver-world   Dim 27 Aoû à 10:40

Vous savez quoi ? SW nécessite un entretien constant...auberges, connections et compagnie...
Mon emploi du temps de l'année prochaine a été renforcé pendant ces vacances - un projet assez intéressant pour mon avenir me pompera les 3/4 de mon temps -, aussi ai-je décidé de deleter...

Je refilerai tout ce que j'ai à Etti - equipements, potions, or - à Kedok dès qu'on se recroisera...
Et une partie à Nath sur Kedok s'il a eu le temps de monter...

Voilà...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Ettisantaf
Ancien et fondateur du forum
avatar

Nombre de messages : 15191
Localisation : Devant l'ordi ;p (Liège)
Date d'inscription : 25/06/2005

MessageSujet: Re: silver-world   Lun 28 Aoû à 10:48

Awwwww, c'est dommage T_T

Enfin, la vie réelle est bien plus importante que la vie RP, je peux comprendre. Mais c'est triste quand même, ça n'arrête pas de disparaître

_________________

L'animatrice déjantée, la modératrice très tolérante ^^
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Belgarel
celui qui flooda plus vite que son ombre
avatar

Nombre de messages : 4554
Age : 26
Localisation : En avion, probablement
Date d'inscription : 11/08/2005

MessageSujet: Re: silver-world   Mar 29 Aoû à 16:43

Au fait, je te passe mon bouquin SW, si tu veux le publier un jour...

Les Archives Féeriques, préface
Il fut un temps, que les mémoires ont perdues, où les Terres d’Argent étaient constellées d’or. Les étoiles dessinaient des merveilles qui n’existaient que sur la toile céleste, et qui à présent sont parties. Le Monde était alors organisé de manière différente. En notre âge, les aventuriers ont fondé des Clans, mais en ces ères oubliées, il y avait nombre de rois, arrangeant des alliances fragiles et aux raisons politiques, organisant des guerres mesquines, plongés dans un égoïsme et un orgueil qui sans cesse croissaient, toujours pillant, ravageant, tuant, mutilant, torturant, exploitant leurs peuples pauvres et mangeant le pain des nouveaux-nés dans des services magnifiques, d’émeraude sculptés. La majorité de ces dictateurs si peu plongés dans l’art qu’est la bonté n’avaient pas une grande influence ; ils régnaient sur leurs provinces, ainsi qu’ils les nommaient, qui en réalité n’étaient que des hameaux, à la manière du nain assis sur son tas de richesses. Ils refusaient de lever la tête vers la colère des Dieux ou de la baisser vers les boiteux misérables, couverts de boue, nageant et dormant sous une couverture de terre, Cependant, deux empires gigantesques trônaient, l’un en face de l’autre, puissances indescriptibles, composés de mille immenses plaines, rivières tourbillonnantes, vents et nuages flottant parmi les oiseaux bleus des cieux divins, villages et communes régionales, forces imposantes siégeant par-dessus les ignorants.

Les règnes sur ces nations étaient plus dissemblables qu’il est possible de le concevoir. L’une tyrannisait les hommes, mutait les innocents en victimes, mais cela d’une manière subtile et déconcertante, cela si bien que nombre de paysans incultes ne comprenaient pas cette manipulation psychologique et voyaient la paix dans cette surveillance constante qu’ils devinaient vaguement. Dans chaque province, il se trouvait nombre d’espions qui martyrisaient les honnêtes gens sans les brutaliser, volant les récoltes secrètement sans les leur arracher, perdant leurs enfants sans les enlever, guidant vers le supplice sans montrer de corde ou de lame. Aucune souffrance n’était perçue par la population, et la discrétion était l’unique règle qu’observait le chef. Il y avait également des croyances étranges incitant à la déification des meneurs du présent, à la haine des ancêtres défunts, menée en une subtile propagande, lançant dans les esprits des mensonges concernant des Dieux compliqués aux mœurs parfois étranges. Quant à la politique internationale qu’il menait, elle n’était pas compliquée. Il avait certaines alliances, qui parfois l’aidaient dans ses annexions, mais qui souvent semblaient spontanément se joindre à la Fédération. Parmi celles-ci, il y avait le Bourg de Dianoual, qui avait, pour confirmer cette alliance, accordé au Suprême Maître la main de sa Princesse. Les autres Etats semblaient porter mille injures à cette grande puissance, car elle sortait souvent le glaive du fourneau afin de défendre le cadavre de son honneur.
L’autre Empire, supportant un climat de désolation, vivant dans d’arides déserts bordant les longues rives de l’océan, sous la chaleur courbé, au paysage monotone, désolé, empreint de tristesse, paraissait courbé par le travail et la peine, mais le monarque tentait d’améliorer leur sort, et cela sans cesse. Ce dirigeant divergeait des autres, par ailleurs, dans ses manières et son mode de vie. En effet, son palais se situait dans une capitale misérable, cernée par le labeur, pleurant chaque jour un lac de fatigue, usant chaque jour ses habitants comme le faisait l’autre Empereur, et avait l’apparence et le confort d’une petite maison bourgeoise, ornée de quelques statues d’ivoire sculptées à la gloire des bons et des forts. Sa Majesté, mariée à Son Altesse Rosianne, née Elheannar, femme du peuple, ayant vu le jour près de la Grange du Gingembre, située à quelques lieues du centre politique de l’Empire, était une petite femme trapue et potelée, aux joues rougies par le soleil et la modestie, qui partageait le travail de son Seigneur et mari, c’est-à-dire éplucher les champs et bêcher le matin, puis, après que le manger se fut montré, partait en un long et périlleux voyage aux confins de l’Empire, distribuant sur son passage l’émeraude et l’argent, qui, à l’époque, ne se trouvait point aussi facilement que de nos temps. Il y avait également sept princes, dont trois seulement ne portaient point un nom populaire, mais un fier nom que les Rois à la grandeur imposante avaient affiché. Il vivait humblement, produisant et donnant, ainsi que chacun des habitants du royaume, et, lorsque son pays par d’autres était envahi, il cherchait une solution pacifique, allant parfois quémander la paix aux armées, s’avançant au-devant des armes, dressant la quiétude face à la haine hargneuse, la cape trouée face à l’épée brillante, la beauté contre l’écume coléreuse. Et toujours de ses campagnes il revenait victorieux et bien aimé. Il lui arrivait de chercher des terres d’asile où son peuple eût vu son sort s’améliorer, mais cela n’était jamais couronné de succès. Si les gens étaient assez émus pour accorder grâce, ils ne l’étaient pas assez pour partager leurs biens en aimant leurs prochains. Mais cela ne concerne pas en grand-chose cette histoire ; s’étendre encore serait encore baisser les pupilles qui lisent. Ce monarque était aimé, bon, juste, rigoureux dans ses principes et fort dans ses ambitions. Il arrivait toujours à accomplir ses plans, mais non dans l’obscurité, ainsi que le faisait l’autre, mais avec le consentement des siens.
Aucune guerre, chose surprenante, n’avait encore attaqué les deux puissances, mais un rien pouvait la déclencher. Déjà, il semblait que ce bon Roi eût orgueilleusement commis de ses mains tremblantes maints meurtres plus horribles les uns que les autres, mêlant cannibalisme et mutilations, sur des personnalités terrées dans la capitale de l’Empire du Korrhidarl, ainsi qu’il était nommé. Cela, par ailleurs, mettait en route les engrenages de son cynisme humour. Il riait avec ses paysans, disant « Un vieillard tremblant ? Allant seul dans une ville semée d’ennemis, de tueurs et de gens tristes, empoisonnée, pour ainsi dire, cachant une dague lumineuse ? Et tuant de mes faibles bras d’innocentes gens comme j’eus assassiné l’ennemi qui m’assaillait, avec tant de haine et si peu de compréhension de l’humain ? Voilà un homme qui a un humour qu’aucun ne pourrait égaler ! Il faudrait inventer je ne sais quel concours de farces ; il pourrait y dérober un prix ! » Celui dont il parlait était évidemment son opposé, qui régnait cruellement sur les bourgeois.
Il n’était pas le seul à défier le laisser-aller et la cupidité avare des grands dirigeants. Quelques-uns de ses amis, petits duchés voisins, acceptaient de partager la vie de leurs peuples avec autant de joie et de sagesse que lui-même, ce qui n’était pas un moindre exploit. Ces villages-là étaient souvent souriants, mais peu nombreux et peu influents ; leur pacifisme les menait à la mort ou leur volonté les trahissait, et ils tombaient vers la décadence.
Les deux camps, pour ainsi dire, étaient séparés par une chaîne de monts hauts, pics pointus de neige, dont les pieds étaient d’un côté couverts de sable, de l’autre de forêts. Cette barrière avait reçu le nom de « chaîne protectrice » et le surnom de « Neutre force »

Ce n’était pas un monde où il faisait bon vivre. Cela ressemblait plutôt, disons-le, à une gigantesque cohue où se disputaient de noires ombres fantomatiques, et au milieu desquelles brillaient quelques forces que s’obstinaient à détruire les autres, se liguant tous face au bien. Il n’y avait nul soigneur pour accepter de donner aide, mais il y avait nombre de tueurs solitaires, voyageant secrètement d’une contrée à une autre, pillant, ravageant, passant le soir à l’auberge et ressortant le couteau sale et la panse garnie. C’était une sombre époque.

En ces âges-là vivaient des hommes honnêtes qui consignaient par écrit chacun des événements qui bouleversaient le Monde ou quelques histoires dont ils avaient pris connaissances par quelques moyens obscurs. Ils étaient poètes, chanteurs, historiens et romanciers, narrant indifféremment aventures palpitantes et poèmes languissants. Ils rangeaient leurs lourds ouvrages dans des bibliothèques souterraines, cachées afin que jamais ils ne fussent incendiés. Or, un jour, nous trouvâmes par hasard, sous les racines d’une forêt, une de ces cavernes pleines du trésor qu’est le savoir. Ici, dans cette série de livres, nous en publierons le contenu reformulé et arrangé à la mode contemporaine que nous préférons.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Belgarel
celui qui flooda plus vite que son ombre
avatar

Nombre de messages : 4554
Age : 26
Localisation : En avion, probablement
Date d'inscription : 11/08/2005

MessageSujet: Re: silver-world   Mar 29 Aoû à 16:44

Les Archives Féeriques, Fulmini Lys

Le village de Serlas, bordé d’une petite rivière, noire comme l’encre à cette heure-ci, qui coulait doucement en clapotant, par les étoiles éclairé, était clame. Il semblait ronronner doucement, avec une quiétude inégalable. Les ténèbres du ciel descendaient dans ses rues immobiles. Il respirait avec cette lenteur spécifique au sommeil qui fatigue plus qu’il ne répare. Les hommes, femmes et enfants, droits dans leurs lits à rideaux, aspiraient l’air pur dans leurs poumons, et le consommaient aigrement. Il ressortait amer de leurs poumons durs. Des lambeaux de vapeur s’extirpaient de leurs bouches froides. Leur droiture faisait tout leur charme, ainsi que nous le voyons, et garnissait le village de quelque chose de préférable à la fleur du sentiment : c’était la logique et l’étiquette qui hantaient les rues.
Décrivons à présent la bourgade en elle-même. Son centre était une église, où tous allaient le dimanche, et donnaient avec amertume un Korrhidarl d’or aux prêtres. Il était bien vu de donner une grosse pièce, c’était bien agir, avec miséricorde. Mais il était préférable de ne pas trop donner : « Quoy ! disait-on. Donner trop aux pauvres, afin de devenir pauvre soi-même ! En voilà un principe. Je ne puis me résoudre à demander misérablement l’aumône au pauvre ! » Et les nécessiteux demeuraient nécessiteux. Ils faisaient hebdomadairement la messe, qui était une cérémonie civilisée, et jamais ne semblaient-ils se révolter de leur sort, qui était d’organiser des fêtes difficiles, de manger le pain des rats, et de, tous les dix ans, organiser le sacrifice de l’un d’eux, sans savoir quel était l’élu. Ne pas se plaindre, bien supporter, c’était là être bien comme il faut. Et c’était obligatoire. Si on ne respectait pas la règle, on s’exposait à de graves dangers, alors mieux valait s’exécuter soi-même.
A côté de l’Eglise, le Palais. Il y avait la mairie qui faisait dos à la chapelle. M. le Maire, respectable homme, gérait bien les siens. Il était bon père de famille, bien comme il faut. Il ne couchait jamais avec sa femme, mais avec les autres, ne serrait jamais la main des noirs, mais félicitait les blancs de leurs bronzages, ne criait ni ne murmurait jamais, car rien n’était digne de secret pour lui. Il avait une belle moustache, que tous complimentaient, car c’était bien élevé de le faire ; il exhibait involontairement un ventre rond, qui faisait taire tout le monde, car en parler ne se faisait pas. Lors des grands repas, où les académiciens étaient invités, il sortait son beau service en cristal, qui lui avait coûté cher, et présentait la nourriture avec élégance.
De ce centre brillant de corruption partaient cinq avenues, ayant reçu des noms de Dieux. Près des deux bâtiments principaux, les plus riches, les plus titrés, les comptes et comptesses, barons et baronnes, dont le territoire se limitait à leur maison ; près du mur d’enceinte, les moins favorisés, les soldats et les paysans, habillés avec luxe, mangeant avec une cuiller de cuivre.
En dehors du mur d’enceinte, la campagne. Et, finalement, à l’Est de la rivière, les montagnes, la Neutre Force, la Chaîne protectrice, qui sauvait la vermine de là-bas de la civilisation qui stagnait dans le village.
A sept heures du soir, on allait au lit avec un livre à la couverture d’or. Tous dormaient dans des chambres séparées, car il était vu comme sauvage de ne point se montrer pudeur. On lisait jusqu'à huit heures, et à huit heures, on se couchait pour s’endormir.
Dans le village, une personne était tenue pour folle. Elle aimait la nature, flânait volontiers, apprenait la culture sans l’utiliser, était bien élevée mais se tenait mal, parlait avec un langage très soutenu au prêtre en chantant l’argot au Maire, n’écoutait point la musique mais en jouait, ne lisait pas mais écrivait des pages que nul ne lisait jamais, savait courtiser mais ne se mariait pas, riait des pleurs feints, et enfin, le plus indignant des détails, dormait peu. Elle restait douce, dans la nuit, des heures durant, à rêver.
Qu’était donc cette impertinence ? C’est une chose dont on parlait, car elle n’avait pas un rang social élevé.
Il se nommait Fulmini Lys. Ce jeu de mot avait été organisé par ses parents, gens bien, qui habitaient non loin du centre, qui se faisaient bien voir : le père trompait la mère et la mère dépensait l’or du père en coquetteries. La famille Lys fut scandalisée de constater que, à sept ans, leur gamin manquait des cours et escaladait les murailles qui tenaient les monstres et l’extérieur à respect. Elle fut effrayée par son attitude désinvolte envers les autres lorsqu’il atteint dix ans, et par sa solitude qui durait lorsque ses vingt ans arrivaient. Il était asocial. Et ça, c’est la pire manière de ne pas être comme il faut. Il ne lançait jamais des critiques dans le dos des autres, ainsi qu’il est recommandé de le faire, mais crachait en public son venin sur ceux qui l’avaient mérité, qu’ils fussent ducs ou charretiers. Et cela, c’est de l’inconscience, disaient des gens. Il se disait bien des choses à son propos. Certains chasseurs spécialisés, dans leurs costumes bien bleus et rigides, allaient parfois rapporter aux Grands la venue de cet étrange homme dans la forêt, et une jeune femme fraîche, mais maigre, quelque peu intrigante, à l’esprit quelque peu similaire, disait recevoir chaque matin une fleur et ce mot « Je vous admire » signé de sa main. Dans son salon un peu dérangé, il y avait un bouquet formé de ces cadeaux. Les visiteurs curieux, mais qui maîtrisaient leur semi jalousie, profitaient qu’elle ait lancé son regard ailleurs pour se pencher brusquement sur les fleurs délicates, et relever fébrilement chacune des plantes. Une rose là, une pâquerette ici, une violette, une tulipe bleue côtoyant un pissenlit –Quelle immondice que cela ! -, dix petits bleuets, un coquelicot fragile –C’est une insulte ! -, du muguet, une rose rouge à côté d’une blanche –Quelle horreur ! Quelle imprudence ! -, et, le plus choquant, sept orchidées. On raconte que Madame la Comptesse de Clairefontaine avait, à la vue de ces derniers défis à la chasteté, défailli. Un homme respectable car bien aisé, bon bourgeois, l’avait vu rôder dans les branches d’un frangipanier dans le parc, devant le monument municipal, dansant entre els rameaux, chantonnant gaiement à quelques mètres de la mort, tandis que le pauvre végétal l’accompagnait d’un concert de grincements réprobateurs.
Il paraît que, lors d’une visite du Roi, où le Maire lui avait dit « Vous voyez en nous le produit de votre merveilleux art, le bonheur que seul vous pouviez faire, en promettant de poser le pied dans nos rues. Nous eûmes été bien dépourvus de ne point vous voir arriver, mon seign…euh…mon altesse », où l’auguste personne royale avait répondu avec dédain « Votre langue a fourché. Seriez-vous serpent ? », et où le politicien dépourvu, après avoir vanté son sens de l’humour, avait ajouté qu’il était né sous le signe du lion, par malheur, notre exceptionnel personnage avait écarté son supérieur et avait dit au Grand « C’est-y vrai, son altesse, et j’peux même ajouter qu’il n’se gên’ point pour s’faire les mandibules sur nous quand il en a l’occasion, et absorber toute l’oseille qui va sur sa main comme un bestiau qui boit la flotte du ruisseau ! Ses cognes l’y aident, hein, vous voyez c’qui j’veux dire ? » Cela avait naturellement fait scandale. Mais ce qui avait plus encore stupéfié la gente aisée, c’est que le jeune y survécut, et reçut pour récompense un sourire.

Cet homme fantaisiste était le seul à tenir encore éveillé à cette heure-ci. Il aimait la minuit. Les clames rayons de la lune paisible caressant l’eau clapotante, c’était plus qu’il lui en fallait pour être inspiré. Il jetait un regard au reflet des étoiles, à la lueur de la nuit, donnait oreille au tranquille ronflement des grandes gens, et sentait que, tandis que le sommeil prenait les bourgeois, leurs esprits crispés se détendaient, ils devenaient naturels un instant. Leur maquillage de société fondait sous l’eau des rêves, mais leur rigidité se détendait à peine.
Il baissa les yeux sur ce roman que son imagination pondait ces derniers jours, le trouva soudain reflet d’une idée mauvaise, creuse, vide, sans utilité, sans profondeur, superficielle en somme. Il rendit à l’eau ce qu’elle lui avait inspiré. Il se sentit soudain dans la réalité, se leva doucement, courut vers le dehors. Il chemina un moment entre les hautes herbes, chercha longtemps entre de grands arbres noirs, puis trouva ce qu’il voulait. C’était un trésor précieux, celui de ce qu’il osait. Il retourna au village, courut dans les rues un court moment, puis s’arrêta devant une maison à la façade ornée d’émeraude, un métal très recherché.
Il escalada cette maison, s’agrippant aux bas-reliefs, prenant prise sur les appuis de fenêtre. Il arriva face à une fenêtre sans verre, séparé de l’intérieur par un rideau de lin. Il l’écarta doucement, et entra dans un salon aux murs écarlates. Le lecteur aura deviné de quel pièce il s’agit. Il sortit le trésor de sa poche, et se dirigea à pas lents, non point vers son habituel point de livraison qui était la table, mais vers la porte. Il l’ouvrit en silence, et rentra dans une chambre aux murs de velours bleu. C’était la première fois qu’il allait jusque là. Il marcha vers le lit, et dit soudain « Je vous admire. » L’être du lit remua. Elle se dressa sur son séant, le regarda de ses grands yeux noirs, et répondit « Enfin. » Il présenta sa main. Il y avait une boite de bois de chêne, à la couleur claire, ornée d’argent.
Elle s’en saisit doucement, l’ouvrit lentement, et regarda l’intérieur. Elle laissa échapper un hoquet de surprise, ce qui était inconvenable. Il y avait dans la boite une broche qui représentait un oiseau d’argent aux reflets violets, chantant sans bruit et avec grâce sur un nénuphar d’émeraude au cœur d’or. Cet objet était l’équivalent d’une fortune, une merveille, un objet façonné par l’art même. Une larme naquit dans le sourire de la femme dont il était épris. Elle dit : « Non. »
Le silence cria sourdement. Fulmini ne garda qu’une vague idée de ce qui se passa ensuite. Il s’en alla de la chambre bleue sans la boîte, repartit dans la rue, glissa dans l’ombre jusqu’à la brèche du mur dissimulée derrière une colonne, puis erra dans les près. Il marcha sans penser, voyagea sans prendre garde, mais fut réveillé de sa léthargie par l’aube d’un troisième jour de voyage. Il reçut la douleur qui avait hurlé à sa souffrance sans être sentie, les émotions qui avaient été bloquées par le choc, les blessures que sa peau endormie n’avaient daigné éviter, les traces de griffes des monstres, les sensations les plus délicates, jusqu’au sang qui avait coulé de ses veines dans les gueules des monstres sanguinaires, à l’air qui avait caressé sa joue tandis que son bras subissait une entaille profonde et brûlante, la tristesse et la peur qui l’auraient assailli, toutes émotions et sensations vinrent le martyriser. Il avait été spectre ; il redevint humain, et vécut en un instant plusieurs jours de voyage. Accablé par la torture de la vie, il tomba au milieu d’une clairière, perdue parmi les arbres hideux et livides d’une grise d’une lugubre forêt, soupirant avec désespoir, expirant calmement.
C’est au milieu de la nature que la providence vient souvent cueillir le malheureux, et l’aide à se relever, alors que c’est dans l’auberge du luxe que l’assassin vient se servir. Un second réveil saisit l’agonisant tandis que la matinée caressait la clairière de sa douce lumière. L’endroit devint beau, orné de colliers de fleurs aux couleurs vives et simples. Les senteurs du lichen s’harmonisaient avec le délicieux et délicat chant des oiseaux, et le vert de la chlorophylle qui teintait les feuilles contrastait avec un art splendide où l’on reconnaissait la signature de la mère nature. Mais ce n’étaient point ces magnifiques œuvres qui avaient arraché l’âme en peine à la mort en haine.
C’était un homme, qui causait d’étranges douleurs, pansant les plaies et, au moyen de formules magiques qui coulaient hors de sa bouche barbue comme du miel, semblait diminuer la douleur dans le but de laisser endormi le jeune. Mais ce fut une vaine attention ; il avait malgré tout retrouvé la conscience.
L’homme semblait avoir deux cent quarante années. Sous ses cheveux argentés, épars et épais, ses yeux, ridés par la lune de la bouche, brillaient comme l’astre de la nuit, la Reine Blanche. L’âge lui avait conféré cet aspect sage et rieur, que tous espèrent, mais que les maroufles, lâches, traîtres et désespérés n’obtiennent jamais, recevant en guise de récompense pour avoir vécu longtemps, un cynisme idiot saupoudré d’un égocentrisme délicat comme le volcan qui explose, un ut mineur majestueux mais ignorant la bonté et la légèreté, un aspect, pour ainsi dire, brusque et rude, froid et sec. Sous les rides de son visage, une longue barbe blanche, maigre et humble, mais véritable, ce qui étonna Lys plus encore que les manières de cet intriguant individu : ne point porter une vraie barbe et ne point aller chez le raseur, cela était plus déconcertant encore que ne point se signaler lorsque l’on rend service. Alors notre héros épuisé constata qu’il n’avait point encore laissé son menton au raseur, et que son visage devait être presque aussi bien garni que celui du guérisseur.
Puis le sens des réalités s’imposa soudain, avec la brusquerie du métal qui traverse le corps. Le voyageur souffla :
-Je t’en remercie, bon homme, mais je ne désire point…garder la vie…elle n’a plus de valeur ! Elle n’est que sang qui coule, et noirceur qui entre. C’est une maladie dont je veux guérir. Laisse-moi partir. Ton don est une condamnation. Ta bonté est chaude, mais mon cœur est plus froid que la glace ; c’est une pierre fendue par l’hiver qui l’a solidifié. Aide-moi en m’achevant.
Lorsqu’il fit connaissance de celui qu’il sauvait, le soigneur regarda avec une sévérité vigoureuse, et clama d’une voix forte et impressionnante, surprenante dans ce contexte et dans ce visage bienveillant, interrompant sa douceur afin de convaincre :
-Tu n’es pas d’ici, toi. Tu n’as jamais vécu. Je sais d’où tu viens, ton murmure me l’a dit lors de ton somme, ton accent me l’a crié : de l’autre côté des Montagnes Neutres. N’ai-je point raison ? Korrhidarl est une terre aride où il n’y a aucune place pour la liberté. Aucun art, aucune musique, sinon les violons baroques, aucune littérature, sinon les vers froids que nul ne comprend mais que tous admirent en parole pour leurs mètres, leurs consonances ignorées et leur beauté dédaignée. Point le lieu du cœur, point le lieu du chœur, c’est l’endroit de la rancœur ! La parole de ceux qui viennent de là ne dit rien, le désir s’oppose à la prétention, la Korrhidarlien à lui-même. C’est un peuple qui sévit dans ce pays de malheur, cette contrée riche de biens et pauvre d’esprit. Tu as passé les montagnes. Tu sais dans quel domaine tu es. Te voici le bienvenu quelque part, pour la première fois de ta vie, qui, jusqu’à présent, a été misérable et, je le pense, ne fut pas digne d’être vécue. N’abandonne pas alors que la joie se tiens à deux pas de toi !
-Bien. Je prends à nouveau courage. Mais j’aimerais juste dire que ma vie ne fut point misère. Je fus excentrique. Je fus exception.
-Là-bas, tu es trop original. Pour ici, t’es trop droit. A présent, dors. Ton esprit m’aidera, cela se terminera plus vite et sans douleur. La magie de la pensée est chose merveilleuse.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Belgarel
celui qui flooda plus vite que son ombre
avatar

Nombre de messages : 4554
Age : 26
Localisation : En avion, probablement
Date d'inscription : 11/08/2005

MessageSujet: Re: silver-world   Mar 29 Aoû à 16:46

Fulmini se réveilla dans une vaste salle, dont les murs étaient en bois et dont le plafond était en ciel. Des cendres, au centre, de l’arsenal, épars, des provisions dans un coin, des paillasses à ses côtés, et une personne assise en tailleur près du petit tas noir. Le jeune reconnut le soigneur, qui, sereinement, semblait apprécier le calme de la rêverie et de la nature. Il lui dit timidement :
-Merci.
La tête amicale se tourna vers celui dont la santé avait faibli. En remarquant soudain les muscles impressionnants de son interlocuteur, notre jeune, qui se croyait relativement costaud, se sentit soudain débile. Toujours tranquille, l’autre répondit :
-Comment te nommes-tu ?
-Fulmini Lys.
-Voilà un bien beau nom. Connais-tu sa signification ?
-Il n’en a aucune, à ma connaissance.
-Tu viens de Korrhidarl, n’est-ce pas ?
-Vous devinez juste.
-Tu peux me tutoyer. Les aventuriers forment une grande famille, dans ce pays.
-J’ai quitté ma contrée dans l’inconscience, et je n’y retournerai pas. Mais je ne suis pas un aventurier.
-Alors qu’es-tu ? Un errant ?
-Oui.
-Cela ne durera pas. En tout cas, que disais-je ? Ah ! oui ! Je voulais t’expliquer la réalité sur ce que tu es. Si tu ne connais pas le sens de ton nom, c’est parce que l’instruction de ton royaume est censurée par le roi. Les livres sont vides, les pages blanches sont noires de mensonge, le monde semble comprendre, mais ne sait rien ! Tu ignores quel jour tu as vu à ta naissance ; regarde-le ! Il est déformation, illusion sociale, bête de rigidité ! A présent, découvre la réalité ; vois, entend, touche, aime, exècre, parle, et montre ! Trouve ce qui se cache dans ton cœur ! La réalité, quel grand mot ! Il est à toi, s’y est offert. Je te le montre, prends-le !
-Bien, soit. Mais d’abord, j’aimerais savoir. Qu’êtes-vous ?
-Nous sommes une guilde de soigneurs.
-Vous parcourez les terres et vendez vos soins ? fit-il en dirigeant sa main vers sa poche.
-Nous les donnons.
-Vous les donnez ?
-Nous les prodiguons.
-Vous les distribuez ?
-Nous les dispersons.
-Avec coût ?
-Gratuitement.
Cela choqua le jeune, accoutumé à la monnaie, et qui ne concevait pas que la dévotion puisse aller jusqu’à sacrifier sa vie. Il suivit, quelques temps durant, le groupe d’aventuriers, et les aida même parfois dans leur noble quête. Il n’est point nécessaire de relater ici les événements qui entravèrent son voyage dans les déserts et dans les montagnes, ses aventures dans les plaines froides du Nord et dans les villes pauvres, dans les camps des chasseurs de monstres. Il suffit juste d’en retenir le changement de l’esprit de ce sombre jeune.
Cela avait d’abord été une légère étincelle, noyée dans de la stupéfaction. Puis, tandis que passaient les jours, que les sympathies naissaient, qu’il découvrait l’amitié dont il avait toujours été privé, la beauté omniprésente qui jamais ne s’était totalement dévoilée à lui, la puissance des sentiments et la pureté de la simplicité, cela devint une flamme, puis un feu, puis un brasier, puis un gigantesque oiseau de légèreté et d’enthousiasme. Son émerveillement éclatait avec un empressement enfantin. Son esprit se déployait avec générosité et grandeur. Lorsque, un jour, l’envie lui vint de voler seul. A la manière de l’oiseau qui prend son essor accompagné par l’amour de sa mère et qui profite de sa vitesse afin de quitter l’aile maternelle, il fit ses adieux et s’en alla seul dans le désert voisin de la forêt qui grimpait sur les pieds des Montagnes.
Le voyage fut long, mais plusieurs jours finirent par l’emmener à l’humble capitale. Elle était plus petite que la commune dans laquelle il avait grandi. Là, il se mit à la recherche d’un problème afin de le régler. Il attendit longtemps. Mais, après sept années, il eut l’occasion de trouver ce qu’il avait espéré : l’occasion de se rendre utile.
La rumeur circulait dans les rues que la liberté serait attaquée par la Nation qui s’était proclamée ennemie. L’on disait que les flancs des montagnes avaient troqué leur chevelure verte contre des milliers de soldats, couverts de rouge, aux armes brillantes, une masse gigantesque, qui, comme un torrent de magma et de feu, un fleuve de l’Enfer, coulait des hauts sommets volcaniques, lançant des éclairs guerriers, répandant la peur. L’Empire avançait vers l’autre.
Ces nouvelles avaient cependant voyagé lentement, et Fulmini comprit que les Montagnes, n’ayant point lutté, étaient déjà tombées dans l’ombre depuis longtemps. Il sentait une marée terrible, qui marchait sur la terre jour et nuit, faisant trembler la terre, la lune et l’auguste soleil, ce malheur inconscient courrant vers une hideuse et terrible expansion. Il écouta autant qu’il le pouvait, et reçut d’intéressants constats. Il connaissait la composition des boucliers et des pavois de l’armée mortelle, avait tâté le fer de son adversaire, avait touché le glaive destiné à répandre le sang de la justice et de la tolérance en perçant leurs cœurs d’un seul coup, avait caressé, avec effroi, la poignée incrustée de merveilles. Il avait étudié les pointes des flèches avec dégoût, les arbalètes sifflantes, savait quel feu se mélangeait aux entrailles lorsque le projectile enflammé pénétrait la chair, mais, écoeuré par l’odeur de corps brûlé, le cri du mort et la couleur de la mort qui s’étendait dans les pages qu’il observait, il s’était laissé tomber dans la fatale ignorance du Mal. Les avis populaires le renseignaient, comblaient ce vide, lui disaient jusqu’à la formations des cohortes et à la hiérarchisation des hommes au sein des légions.
Ces informations, recueillies avec une fébrilité craintive, finirent par lui donner espoir. Il trouva la faille dans le mur de la Guerre. Les citoyens auraient, sans lui, pris la fourche, la cuiller de bois ou le couteau, auraient, en guise d’écus, emmené leur dignité, et, dans leur brave et juste combat, seraient mort, en faisant le mal pour le bien. Ainsi, cela aurait été la victoire immédiate du Mal sur le fragile bien. Ils auraient, armés de l’espoir, oublié leurs bras débiles, et se seraient jetés dans la mort avec rage. Cela aurait été folie. Notre héros ne tarda point à remarquer qu’une dangereuse euphorie saisissait le Peuple. Alarmé, il agit immédiatement.
Il partit, dans la nuit, loin de la capitale, rampant vers l’Ouest, vers les puissants. Lorsque, devant lui, se dessina une ligne de fumée et de lumière, il se montra prudent. Il s’approcha lentement de ce qui avait été son monde, et qui envahissait ce qui devenait sa famille. Il entendit des clameurs vulgaires, des rires noyés dans le vin, du bruit qui semblait se vouloir musique, de rauques grognement fêtards, tout en glissant avec précaution entre les tentes du campement des guerriers. Soudain, une forme noire passa près de lui. Il sentit sa poitrine compressée par la peur du doute. Etait-il découvert ? Il imaginait les conséquences de l’échec de la mission dont il s’était investi. Puis un cri résonna dans son oreille, un peu derrière lui, à l’écart des Korrhidarliens. Il reconnut dans cet appel la terreur. Il hésita un peu. Mais il décela dans le son un accent féminin. Il n’hésita plus. Sa volonté fut prête à laisser l’occasion au Mal de se propager, pourvu que lui tente, non de l’arrêter, car cela n’était point le plus important, mais de sauver une étincelle du Bien. Après seulement, il pourrait continuer.
Il se dirigea vers la nuit d’où l’appel avait surgi. Il vit sur le sol la lueur d’un feu qui dansait, et une ombre qui fuyait. Il leva les yeux. Une jeune demoiselle, poursuivie par un ivrogne hagard qui paraissait jouir de la détresse de la fille, se dérobait aux étreintes irrespectueuses et salissantes de la bête. A l’uniforme, il reconnut un simple soldat dans ce monstre. Cette pauvre personne était visiblement une de ces créatures que le gouvernement enlève à toute famille, et donne à la Guerre et aux lieutenants sans demander le moindre avis. Le héros ne voyait pas les visages, mais palpait les émotions. Il saisit la première amphore de vin qu’il trouva, se fit un air saoul, se dirigea vers le colosse brutal, et lui dit :
-Holà, l’ami ! Laisse donc cette poufiasse dans ses défroques ! J’ai iciaille bien meilleure affaire ! Je ne supporte point le pinard, mais tu puis t’en repaître, toi ! En échange, je te demande de ne point prendre femme qui n’y consent point pour aujourd’hui…et puis imagine donc la tête des officiers s’ils te voyaient avec les pucelles qu’ils avaient décidé d’user ! Tu n’aurais alors plus de chef toi-même ! Viens chercher ta chope, te dis-je, et vide-moi cette bouteille !
L’oubli se fit dans les yeux du voyou. Sans paroles, amis avec moult grognements, il se dirigea vers la boisson, l’arracha aux mains de l’espiègle généreux, et s’attela à la difficile tâche d’exploser son ventre, tout en vidant le fruit de la paresse humaine. Lys s’approcha de la jeune secourue, la salua, et l’entraîna par la main vers un coin plus isolé encore : derrière les légions.
Lorsque enfin il stoppa la marche, il lui dit :
-Retourne vers ton pays, car à présent tu es libre.
Elle lui répondit avec énergie et désespoir :
-Je ne le puis point, car me voilà à présent hors-la-loi !
-Dans ce cas, que dis-tu si je te propose de m’aider dans ma quête. Je souhaite sauver de l’invasion cet Etat où nous nous trouvons. Je ne suis plus Korrhidarlien depuis un bout de temps, et je me suis attaché plus à cette contrée en sept ans qu’à l’Empire en près de vingt ! Acceptez-vous cette vie ?
-Ma foi, je crois qu’il est mieux de quitter les rangs de cette oppression que tous ressentent mais ne nomment point ! Les viols m’ont épargné, mais je ne tiens pas à ce qu’ils me rattrapent ! Et si je puis me venger du dictateur démocrate qui a ainsi essayé d’insulter ma dignité en souillant mon corps, je le ferai. Je sais dans quel courroux il est plongé lorsqu’il apprend le départ d’un de ses sujets dans un autre monde que la Mort, et comme il est heureux lorsque la souffrance frappe l’un des siens. J’ai déjà vu sa colère, une fois ; un homme de mon village, quelque peu excentrique, avait disparu. On a finalement appris qu’il avait traversé les Montagnes Neutres. Je me demande si la vie court encore dans ses veines. Ce qui est sur, c’est que le pourpre a assailli les joues de ce ridicule criminel, ce tyran abusif ! Si vous l’aviez vu ! Un rire, si tentant, vous aurait saisi. Le seul problème, c’est qu’il vous fallait vous taire ! sinon, vous auriez perdu votre vie ainsi qu’il avait perdu son calme troublant ! Certains ont pouffé. Ils ne peuvent plus parler que dans les cœur, aujourd’hui.
Les paroles de l’insouciance pénétrèrent l’esprit du jeune homme comme une lame bien aiguisée.
-Comment se nommait ce disparu ? demanda-t-il vivement, interrompant les divagations de la réjouissance et du soulagement.
-Son nom était Fulmini Lys.
Alors un éclair violet brilla sur la poitrine de l’interlocutrice, et perça l’obscurité pour aller dans l’œil du héros. Il avait reconnu la broche.
-Silva Rhéa ?
La surprise muette jeta un cri dans le silence, sortant de la bouche de la jeune fille.
-Fulmini ? fit la voix, s’illuminant soudain. C’est toi ? Tu es toujours vivant ? C’est merveilleux. J’ai été énormément attristée par ton départ, et te revoilà ! Alors, comme ça, tu veux sauver ce Royaume ! Il est perdu. Tu n’as pas vu l’artillerie, la cavalerie, les lances, les canons, les armures grises, et les hommes, Fulmini, tant d’hommes ! Imperator bellum parabat ! Il n’y a plus rien à faire. J’en suis désolée…la première affligée, même. Les pillages et les homicides se présentent soudain à mon esprit…
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Belgarel
celui qui flooda plus vite que son ombre
avatar

Nombre de messages : 4554
Age : 26
Localisation : En avion, probablement
Date d'inscription : 11/08/2005

MessageSujet: Re: silver-world   Mar 29 Aoû à 16:48

Il y a encore un moyen, s’exclama-t-il avec courage, reprenant la route. Il y a des soigneurs dans les montagnes. Si je les trouve…
Tout à coup, il trébucha, chancela, et tomba à terre. Il se redressa, regarda machinalement à ses pieds, s’attendant à trouver un caillou, et découvrit, épouvanté, un cadavre à la barbe blanche. Il reconnut là son ami soigneur, portant, il le reconnut au faible éclairage de l’astre blanc, maintes traces de pas.
-C’est le prisonnier qui a refusé de suivre les soldats, cet après-midi. Il était révolté qu’on ne le laisse pas soigner les blessures de ceux qui avait repoussé l’attaque des ours, dans les montagnes. Ils l’ont transpercé sous mes yeux. Ce fut affreux.
Triste, mais ne pleurant pas à cause de sa résolution, l’excentrique demanda :
-Je l’ai connu. C’était un bon soigneur. Mais que sont devenus ses compagnons ? Y avait-il beaucoup de prisonniers ?
-Oui. Mais ils ont été jugés encombrants et inutiles par le général. Alors ils seront pendus à l’aube.
Fulmini se redressa immédiatement, et courut vers le campement sinistre. Poursuivi par sa bien-aimée, il s’y glissa encore une fois.
-Les prisonniers sont gardés, tenta d’intervenir la jeune. Ce n’est pas la peine ! Tu n’y arriveras pas !
Ce fut la plus difficile des épreuves qu’il eût à supporter. Il la surmonta. Il se laissa guider par l’instinct, et son ombre bientôt baguenaudait sur les parois des tentes. Il voyait les chaînes qui reliaient les captifs aux visages déconfits, et lisait l’accablement sous leurs visages découragés. Tous regardaient des blessés qui gémissaient près de leurs pieds, et étaient agités de tics, désirant soigner et aider, ne fût-ce que dans leurs modestes moyens, obligés à laisser mourir. Lys eut lui-même du mal à retenir ses élans de sympathie. Il mit son cœur de côté à regret, et usa de sa logique stratégique. Ce fut une dure épreuve. Mais il finit par trouver une manière de libérer les prisonniers. Certes, elle était périlleuse, mais le risque valait la récompense.
Il saisit un des bouts de bois qui dépassaient du feu de camp, le porta vers des tentes assez éloignées, suivi par la jeune femme, et mit la flamme sur l’inerte. Furtif et prompt, il s’en retourna vers ceux qu’il comptait libérer, se mouvant dans les coins d’ombre à quelques mètres de patrouilles pressées d’étouffer l’incendie ravageur. Il trouva les guérisseurs sans maîtres et sans protection. Alors il lui fut facile de les libérer : la broche était si solide qu’elle coupait le métal qui les immobilisait comme si cela avait été eau. Ils quittèrent précipitamment ce lugubre endroit, encore que les bons s’arrêtassent parfois pour reboucher les gouffres béants qui lacéraient le plus gravement les chairs mourantes. Puis, revenus au calme, ils furent curieux du plan de l’homme. Tout leur fut expliqué, leur faim de connaissance fut satisfaite. Ils savaient comment repousser l’ombre. Ce n’était pas par l’ombre qu’il fallait soigner l’ombre, mais par la lumière. Ils adoptèrent d’un commun avis la guérilla de la lumière.
Un grondement sourd ne tarda pas à crier à nouveau. Il le fit tandis que les premiers rayons de l’aurore venaient bleuir les cotons célestes, pâlir le ciel en faisant blêmir les étoiles jaunes. L’horizon s’aspergea d’une couleur dorée et rosâtre. C’était beau. Une teinte de jade scintillait dans cet océan de lumière. C’était éblouissant de par sa simplicité quotidienne. Un nuage devint rouge, un autre plus magnifique que la rose. C’était pourpre, mais ce n’était pas sanglant. Cela annonçait la splendeur de la paix.
L’armée avançait, les lances pointues prêtes à répandre le rouge chaud. Elle semblait une ombre à contre-jour. La vingtaine de soigneurs se dressait face à eux. La femme était sans la capitale. L’air était doux, frais et bon. L’autre était puissant, prêt à en découdre, la rage aux lèvres. Les lances ses levaient. Puis il en fut un pour protester :
-Non ! Ils m’ont soigné, cette nuit ! Je geignais, ils m’ont sauvé. Je refuse qu’ils soient tués.
Une arbalète se dirigea vers lui et l’occis pour son courage. Mais un second hurla également :
-Ils m’ont rendu l’usage de mes deux jambes, lieutenant. Ne les attaquez pas !
L’officier se dirigea vers l’homme et appuya la pointe de son épée contre la nuque résolument immobile.
-Lieutenant, arrêt immédiat !
Cette voix hurla comme un coup de tonnerre. Ce fut l’accord final d’une symphonie de terreur, un ordre tremblant. L’homme abaissa son glaive. Le général avait donné l’ordre.
-Ils ont sauvé la vie de trois colonels. Je me refuse à exécuter des innocents. Il faudra les capturer le temps de la bataille, puis le relâcher.
L’homme, sans hésiter, abaissa sa lame.
-Le Premier Général s’oppose à cette décision !
-Le second également !
Aucun homme ne bougea. Un capitaine, quelque part dans la mer, éleva son couvre-chef bien décoré et l’éleva par-dessus les casques brillants. Tous les soldats l’imitèrent alors, et ce fut somme une vague qui parcourut les rangs. La Guerre semblait finie.
Pourtant, les deux dirigeants, rageurs, enfourchèrent leurs montures bruyamment. Ils se frayèrent un chemin dans le lac immobile, puis arrivèrent face aux vainqueurs, la folie et la fureur brûlant leurs visages crispés, les armures mouillées des feux du soleil.
-Nous protestons. Le combat est imminent.
-Le Bien ne se battra pas ! clama Fulmini. Il se souillerait alors du mal.
-Vous croyez-vous pour le bien ? susurra le puissant. Le Bien est actif et cherche a rayer de l’existence le poison du Monde. Et vous êtes de le poison. Un Bien qui ne serait pas actif serait neutre.
-Un Bon qui rayerait serait mauvais.
-Assez ! cria un des soigneurs.
Il s’avança vers les cavaliers.
-Repartez dans vos villes. Allez dire à votre Roi quel échec l’a foudroyé ici. Disparaissez.
Les deux ambassadeurs chancelèrent face à une telle audace, puis, après une dernière grimace de dédain, se détournèrent.
Puis, alors que les soldats qui formaient le front s’écartaient pour se retourner, l’un d’eux s’arrêta, dégaina son épée, et la brandit en poussant un long hurlement. Il l’abattit sur la gorge d’un innocent guerrier, moustachu au front bombé. Dans son désespoir, il se rua sur un autre de ses anciens subalternes. La monture s’affola. Lys courut vers le grand stratège, sauta, s’agrippa à son bras, tenta de stopper sa troisième course meurtrière en ne faisant que dévier le coup vers une épaule. Le cheval hennit. Puis il donna un grand coup de sabot dans le vide. Il désarçonna celui qui était assis sur lui. Il rua une derrière fois, et ses fers cognèrent la poitrine de notre héros.
Tout devint noir.

Fulmini Lys demeura longtemps alité. Puis, une fois rétablit, il refusa tous les honneurs qu’on lui donnait, y compris ceux de sa belle. Fatigué après ses vingt ans de vie, il se résigna au voyage. On dit qu’il prit la mer après dix ans de voyage. On parle d’une île légendaire à la recherche de laquelle il serait partit ; nul ne le revit plus jamais.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Nath l'ange des ténèbres
Ancien et fondateur du forum
avatar

Nombre de messages : 10203
Date d'inscription : 25/06/2005

MessageSujet: Re: silver-world   Sam 2 Sep à 22:43


_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Belgarel
celui qui flooda plus vite que son ombre
avatar

Nombre de messages : 4554
Age : 26
Localisation : En avion, probablement
Date d'inscription : 11/08/2005

MessageSujet: Re: silver-world   Dim 3 Sep à 4:34

lol, date un peu...dis, pourquoi tu as censure ?

Ah, mais oui, c'est juste le perso mago dont tu m'as parle ^^
Je viens de voir les caracteristiques...

Ah ben, il semble pas pret d'utiliser le neptune (le mien ou celui d'Etti, selon qu'on ceoncerne qui l'a achete ou qui te l'a donne)
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Ettisantaf
Ancien et fondateur du forum
avatar

Nombre de messages : 15191
Localisation : Devant l'ordi ;p (Liège)
Date d'inscription : 25/06/2005

MessageSujet: Re: silver-world   Sam 9 Sep à 23:26

Ouaip, c'est de la triche, il veut pas me donner l'identité de son mago ><

Enfin, il est encore très jeune ^^

_________________

L'animatrice déjantée, la modératrice très tolérante ^^
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Belgarel
celui qui flooda plus vite que son ombre
avatar

Nombre de messages : 4554
Age : 26
Localisation : En avion, probablement
Date d'inscription : 11/08/2005

MessageSujet: Re: silver-world   Dim 10 Sep à 6:58

Il doit avoir un peu vieilli depuis....

Le noob :p
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: silver-world   

Revenir en haut Aller en bas
 
silver-world
Revenir en haut 
Page 8 sur 8Aller à la page : Précédent  1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8
 Sujets similaires
-
» Xerosicyos danguyi ou Silver Dollar Plant
» Astelia chathamica 'Silver Spear' , beauté d'argent!!!
» Carex coureur. Carex morrowii "Silver Sceptre"
» A propos d'Aster... A. Cordifolius Silver Spray
» Marche a suivre pour voir World of Color

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
le ptit forum des gens sympas :: discution en tous genre-
Sauter vers: